Balade secrète en Vieille Ville de Genève

rue de la vieille-ville genève

Loin des foules et des balades habituelles, cette promenade en Vieille Ville de Genève vous propose de sortir des sentiers battus et de découvrir les trésors bien cachés de la ville.

Pour être directement plongés dans le mystère de la Vieille Ville de Genève, nous vous invitons à monter jusqu’à la Cathédrale Saint Pierre par la Rue Barrière, au niveau de l’Eglise de la Madeleine. Mais avant de monter en Vieille Ville, arrêtez-vous au niveau de l’église.

  • La bombe sculptée derrière la Madeleine

Un étonnant témoignage de la guerre perdure en Vieille Ville de Genève derrière l’Eglise : la sculpture d’une bombe au-dessus d’une porte rappelle l’existence d’un abri antiaérien sous la terrasse Agrippa-D’Aubigné. L’abri, construit en 1939, pouvait accueillir jusqu’à 1200 personnes !

bombe sculptée la madeleine

Empruntez désormais le large escalier à droite de la Taverne de la Madeleine, c’est la Rue Barrière. Vous entrez dans la Vieille-Ville de Genève !

  • Les chicanes de la Rue Barrière

Composée d’escaliers, de rampes inclinées, de paliers obliques, cette rue est un parfait exemple de l’art de la Chicane, inventée par les militaires pour résister aux assaillants. En effet, la multiplication des angles aveugles empêchait ceux-ci de tirer des flèches ou des balles alors que ces derniers pouvaient les viser facilement.

rue barrière vieille ville

Prenez la direction de la Terrasse Agrippa-D’Aubigné sur votre gauche. Vous y découvrirez une superbe vue sur l’Eglise et les toits de la ville. Réalisée en 1940, à l’époque où la prison de l’évêché fut démolie, cette terrasse est construite avec les pierres de la prison, sur les anciens remparts de la ville.

En montant les escaliers, vous arrivez derrière la Cathédrale Saint Pierre. Dirigez-vous vers là gauche.

  • L’énigme de la « Tête d’Apollon »

Dans le dos de la Cathédrale, on remarque une figure sculptée, ronde et joufflue. Elle fut baptisée « tête d’Apollon » sans se soucier qu’elle ne ressemblait pas du tout aux têtes habituelles de ce Dieu. Nombre d’historiens et archéologues se sont penchés sur l’énigme. L’hypothèse la plus probable était qu’il s’agissait d’un caprice de sculpteur, la tête étant en réalité une pièce rapportée.

sculpture tête d'apollon cathédrale saint pierre

Contournez la Cathédrale et rendez-vous sur la Cour Saint-Pierre. Habituellement, vous regardez la Cathédrale mais cette fois-ci, nous allons vous demander de lui tourner le dos.

  • La tête basse du prophète Jérémie

Parfaitement cachée vers la gauche de la Cour Saint-Pierre, une statue de Jérémie, le douloureux prophète des « Lamentations » a été installée ici en 1938. La statue est recroquevillée sur elle-même : Jérémie pleure sur la prise de Jérusalem (607 av JC). Étonnamment, la statue tourne le dos à la Cathédrale et regarde la ville. Il est le symbole d’une autre voie vers Dieu, plus proche des croyants.

statue jérémie cour saint pierre

Laissez la Cathédrale derrière vous en partant par la rue Otto Barblan. Descendez les escaliers de la rue du Perron, à votre droite et arrêtez-vous en bas des escaliers.

  • Les chiffres mystérieux des escaliers du Perron

Sur les marches en granit de ces escaliers, une dizaine de grands chiffres et des croix sont gravés en quinconce. Personne ne semble savoir ce qu’ils représentent. Autrefois, la Rue Perron n’avait pas d’escaliers. L’hypothèse la plus probable à ce jour est qu’il s’agirait peut-être de bordures de trottoirs provenant des rues où se tenaient les marchés de Genève. Ces bordures auraient servi à réaliser ces escaliers, les chiffres correspondant aux emplacements des places attribuées aux forains.

escaliers de la rue perron à genève

Un peu plus bas dans la rue se trouve le célèbre passage de Monnetier, sur votre droite.

  • Le passage « secret » de Monnetier

A son entrée, un plan sommaire du quartier, gravé sur le mur, indique l’emplacement de la Cathédrale Saint-Pierre et de l’Eglise de la Madeleine. Ce passage est le vestige du sentier qui courait sous les murailles à la fin du Ve siècle, sous la Bas-Empire Romain. Le Passage de Monnetier faisait partie des nombreux cheminements, plus ou moins secrets, qui permettaient aux défenseurs de la Milice Bourgeoise de gagner rapidement leurs postes de combat. Cet étroit corridor est ouvert uniquement lors de la célébration de l’Escalade.

passage monnetier vieille ville

Désormais, faites demi-tour et remontez les escaliers de la Rue Perron. Au passage, admirez le magnifique Hôtel des Armures qui accueille l’un des plus anciens restaurants de Genève. Rejoignez sur votre droite la fontaine située à l’entrée de la Rue Jean Calvin.

  • Le dernier « pot à feu » de Genève

Derrière la fontaine, une armature qui pourrait penser à un pot de fleurs est scellée dans le mur. Il s’agit du dernier système d’éclairage à la poix qui a servi à Genève pendant trois siècles. Chaque soir, ce « pot à feu » était rempli d’un mélange de résine et de goudron enflammé pour éclairer le carrefour.

pot à feu rue jean calvin

Empruntez maintenant la Rue du Puits-Saint-Pierre jusqu’à l’ancien arsenal et ses célèbres canons.

  • Les pérégrinations méconnues des cinq canons de l’arsenal

Ces cinq canons sont les rescapés des deux cents bouches à feu qui défendaient jadis les murailles de Genève. Emportée jadis par Napoléon lorsque Genève était sous sa domination au XVIIIe siècle, l’artillerie de la ville fut ensuite réquisitionnée par les Autrichiens qui délogèrent les français en 1814. C’est grâce à un lieutenant patriote qui ne cessa de tout faire pour récupérer l’artillerie genevoise que les canons revinrent en ville. Dispersé et fondus au fil du temps, il en reste cinq, un seul n’ayant jamais quitté la Cité, caché par une poignée de patriotes.

canons genevois en vieille ville

Prenez maintenant la Rue de l’Hôtel de Ville sur votre gauche.

  • Le banc de justice de l’Hôtel de Ville

A la place du banc adossé à la façade de l’hôtel de Ville se tenaient autrefois des juges impitoyables qui prononçaient des condamnations à mort. Face à eux était installée une estrade pour supporter les témoins et accusés. Contrairement au clerc de notaire Jacques Gruet décapité en 1547 et au médecin Michel Servet brûlé vif en 1553, Rousseau échappa à son sort ! Poursuivi pour ses écrits, il était alors loin de Genève. On se contenta de brûler publiquement quelques-uns de ses textes.

bancs des condamnés hôtel de ville Genève

Vous arrivez maintenant sur la Place Bourg-de-Four. Véritable point de convergence de tous les itinéraires menant à Genève, elle devint un lieu de foires incontournable à partir du XIe siècle. Les maisons de la place furent surélevées au fil du temps pour accueillir les réfugiés protestants qui affluaient de toute l’Europe.

  • La statue de Gondebaud au Bourg-de-Four

Recroquevillée dans une niche, une statue représente Gondebaud, Roi des Burgondes, en figure plutôt joviale. En réalité, ce monarque était un tyran fratricide, n’hésitant pas à tuer ses propres frères pour régner. C’est lui par exemple qui incendia la Cité en l’an 500 après avoir fait assassiné son frère, actuel roi de Genève en 490.

statue du roi des burgondes

Prenez désormais la Rue Etienne Dumont sur votre droite et arrêtez-vous devant la rue Chausse-Coq, au niveau du restaurant Demi-Lune.

  • La rue Chausse-Coq : un souvenir des bordels d’antan

Autrefois, le quartier des bordels était situé à deux pas de la Cathédrale. Les noms des rues évoquaient d’ailleurs très bien le lieu : rue des Belles-Filles, rue Chausse-Con, cul-de-sac du Vieux-Bordel. Au fil du temps, le quartier évoluant, les nouveaux habitants eurent honte de leur adresse et les rues furent débaptisées. La rue des Belles-Filles fut nommée Rue Etienne Dumont en l’honneur d’un émérite Pasteur. L’impasse du Vieux-Bordel devint la Rue Maurice, du nom d’un maire sous l’occupation française. Bizarrement, seule la Rue Chausse Con garda sa vocation première en mémoire en devenant la rue Chausse Coq, en rappel aux jeunes libertins qui étaient chaussés par les cordonniers du quartier.

rue chausse coq vieille ville genevoise

Empruntez la rue René Louis Piachaud et montez sur la Promenade de la Treille, qui surplombe le Parc des Bastions.

  • Le banc de la promenade de la Treille

Après avoir abrité des vignes (la Treille a été nommée ainsi en rappel de ces temps), la butte de la Treille a servi de poste d’observation des ennemis savoyards. Au XVIIIe siècle, la menace militaire n’étant plus d’actualité, le lieu devint le rendez-vous des promeneurs. Les bords du lac n’étant pas encore aménagés à l’époque, les genevois se promenaient massivement à cet endroit. En 1757, on décida donc d’y aménager un très long blanc de 120 mètres. Un record du monde !

banc de la treille bastions

Votre promenade secrète s’achève ici, devant un dernier trésor.

  • Le marronnier « officiel » de la promenade de la Treille

Tous les ans, un marronnier de la Promenade de la Treille a la charge d’annoncer officiellement le printemps ! L’éclosion de la première feuille est mentionnée par voie de presse. Cette annonce officielle est faite depuis 1818 ! Quatre arbres ont été utilisés, l’actuel étant chargé de cette annonce depuis 2016.

marronnier officiel de la treille

Voilà, vous avez découvert une petite partie des trésors cachés en Vieille Ville de Genève ! Si vous souhaitez faire d’autres balades, vous pouvez aussi découvrir les 13 lieux incontournables de Genèvela Genève Insolite ou encore vous promener au bord du Rhône !

 

Source : Genève Insolite et secrète – Christian Vellas – Editions Jonglez 


Les tarifs

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Accès libre 0 CHF
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